Naissance d'un virus

Encore une fois, je suis petite. Encore une fois je suis à l'école en train d'écouter la maîtresse nous apprendre les choses de la vie. Une fois de plus j'ai cette même sensation désagréable. L'impression que ce qu'elle dit n'est pas logique mais si je pose des questions gênantes alors je risque d'avoir des ennuis.

Il paraît que nous sommes faits de cellules. Une cellule est un noyau, doté d'un code génétique, entouré d'une membrane protectrice. À l'intérieur de cette membrane, il y a un liquide physiologique rempli de tout ce qu'il faut pour vivre. Mais un beau jour, un virus sadique vient à l'abordage. Le virus est un noyau, également doté d'un code génétique. Par contre il n'a pas de membrane, il est nu comme un ver, il est en danger, il ne peut survivre que 2 heures à l'air libre, il besoin d'un abri. Il attaque donc une cellule, pour s'installer bien au chaud dans la membrane. Comme il est totalement indiscipliné, il fait l'andouille, il se multiplie, la cellule finit par éclater. Le virus et ses rejetons partent à l'assaut d'autres cellules. On tombe malade. Si le virus poursuit sa course dans le corps, on peut en mourir.

C'est bien joli tout ça mais je me sentais mal à l'aise avec cette explication.

Un virus ne peut survivre que quelques heures à l'air libre. Alors comment se fait-il que des maladies disparaissent pendant des années pour surgir brutalement au moment où on s'y attend le moins? Le virus ne peut pas se cacher dans une grotte pour attendre le moment opportun, il a besoin d'un organisme vivant compatible pour survivre.

Peut-être qu'il se cache dans une cellule et qu'il reste sage. Mais là encore, un virus dans un milieu physiologique ne peut pas vivre des années non plus. Il doit obligatoirement se reproduire. Il faudrait croire qu'il reste sagement dans un corps, il se duplique gentiment sans faire de dégât pendant des années et puis un jour, tout d'un coup il s'excite, il devient dangereux, il détruit tout ? Qu'est-ce qui provoque cet accès de soudaine méchanceté ?

Et puis d'abord lorsqu'on attrape un virus, c'est parce qu'un humain ou un animal nous l'a transmis. Comment cet humain ou cet animal a-t-il attrapé son virus ? C'est un autre être qui le lui a transmis et ainsi de suite... Alors d'où vient le tout premier virus ? On ne fait que se passer des virus mais il faut bien que ces bêbêtes aient été créées un jour, non ?

Non vraiment, cette histoire de virus ne tient pas la route. Ce qui m'intriguait le plus lorsque j'étais enfant, c'était le tétanos. Je vivais au Togo. Dans ces pays là, on trouve de la propagande médicale partout, avec de jolis dessins colorés pour éduquer les populations. Les brochures d'information disaient que lorsqu'on marche sur un clou rouillé, on risque d'attraper le tétanos. C'est une maladie virale paralysante, voire mortelle. Comment est-ce possible ?!? Comment un virus peut-il survivre pendant des années sur du métal rouillé, en attendant tranquillement que quelqu'un vienne se blesser ? Pourquoi le noyau organique sans membrane préfère s'installer sur un clou rouillé plutôt que sur un clou neuf ? Qui l'a déposé à cet endroit ?

Lorsque je suis venue en France, j'ai entendu parler d'autres virus. La méningite par exemple est foudroyante. Lorsqu'on attrape ce virus, il faut aller à l'hôpital au plus vite pour se faire truffer d'antibiotiques sinon on risque de mourir aussi. Mais si j'attrape ce virus, c'est parce que quelqu'un me l'a refilé. Pourquoi je tombe malade tandis que l'autre n'a rien ? Et puis l'autre là, qui lui a passé ce virus mortel ? Et on retombe dans le même cercle vicieux. On ne sait pas d'où vient le virus, ni comment il fait pour se planquer, ni pourquoi il passe soudainement à l'attaque.

Après de longues observations, j'ai fini par forger ma propre théorie. C'est nous qui fabriquons les virus. Ce sont nos propres cellules qui se dégradent. Elles peuvent s'abîmer suite à des agressions physiques, chimiques ou électromagnétiques. Elles perdent leur membrane. Leur code génétique s'altère car il devient agressif pour contrer l'attaque. Elles envahissent leurs voisines intactes pour se réfugier dans leur membrane. S'ensuit une bataille ente la cellule saine et la cellule dégradée. Le noyau de la cellule saine mute selon le même modèle que celui de son agresseuse pour pouvoir la combattre. Si la cellule dégradée gagne alors la cellule saine éclate. Les deux compères partent à l'aussaut de leurs voisines. La dégradation risque donc de faire boule de neige dans l'organisme. Ça dépend. Si notre système immunitaire est solide et réactif, il neutralise les cellules défectueuses en un clin d'oeil. Sinon il est débordé, c'est la maladie ou même la mort.

Prenons par exemple le tétanos. Notre sang est rouge à cause du fer qu'il contient. Le fer du clou neuf ne nous affecte pas. Par contre, se blesser avec un objet rouillé provoque une tétanie musculaire généralisée. Nous pouvons supposer que les cellules sanguines réagissent violemment en raison d'une grande incompatibilité entre notre fer organique et le fer oxydé de la rouille. Rendues agressives par l'empoisonnement, les pauvres petites hémoglobines intoxiquées se réfugient de force chez leurs voisines, répandant ainsi le fer mortel et leur comportement de panique vitale de cellule en cellule. L'organisme entier est vite paralysée puisque le sang est destiné à circuler partout.

D'année en année, nous constatons que les virus deviennent résistants aux traitements. C'est logique. Lorsqu'on se gave de médicaments, notre corps apprend à éliminer ces produits toxiques. Le jour où nos cellules se dégradent en virus, elles savent exactement comment se protéger du remède chimique, puisqu'elles en ont l'habitude.

Les virus fonctionnent exactement comme une idéologie nocive dans un pays. Lorsqu'un peuple est majoritairement épanouie, une idéologie délétère ne peut séduire que les rares individus les moins favorisés. Elle finit par disparaître, faute d'adhérents. Mais si le peuple est traité comme de la merde alors la mentalité collective est en ébullition. Les gens peuvent adhérer massivement à n'importe quoi par ignorance, par peur, par rage ou par désespoir, quitte à s'auto-détruire ou à se détruire mutuellement. D'où vient l'idéologie ? Elle peut venir de l'étranger ou prendre naissance dans le pays, parmi les esprits les plus désespérés.

Les plus importantes sources de déséquilibres dans notre organisme, ce sont les émotions. En effet, les déséquilibres externes ont souvent une action locale ou ponctuelle. Notre corps peut faire face. Par contre les émotions galvanisent ou dépriment l'organisme entier. Si les émotions négatives sont mal gérées alors nous sommes démunis face aux pressions chimiques et magnétiques d'origine extérieure. Des accidents finissent par se produire dans le fonctionnement cellulaire. Les plus faibles sont abîmées. Leur membrane est détruite. Leur noyau mute. Il devient agressif pour survivre. Par conséquent, il est important de mettre l'accent sur l'hygiène physique. Il faut régulièrement se débarrasser des déchets de l'organisme et le préserver des atteintes extérieures. Mais il est tout aussi vital de soigner son hygiène mentale et émotionnelle. Le mental pilote notre corps, les émotions nous font avancer. Si la direction et le moteur sont défectueux, le risque d'accident est élevé.

Cela pourrait expliquer comment une maladie peut disparaître pendant plusieurs années ou même plusieurs siècles avant de réapparaître. Cela pourrait expliquer pourquoi il est difficile de trouver la chaîne de transmission ou le patient zéro en cas d'épidémie. Fermer les frontières d'un pays n'empêche pas les populations de fabriquer localement leurs propres virus, si les conditions de dégradation des cellules sont réunies. Détruire les virus créés aujourd'hui n'empêche pas leur réapparition future. Est-ce que notre voisin peut nous transmettre ses virus ? Bien sûr. Est-ce qu'un animal peut nous refiler les siens ? Bien entendu. Est-ce que nous pouvons être affectés par des virus sortis d'une malveillante éprouvette de laboratoire ? Bien évidemment. Mais si notre système immunitaire est pleinement opérationnel, il peut prestement balayer la menace ou du moins limiter les dégâts.

Lorsqu'une maladie particulièrement virulente décime une contrée, il suffit souvent de regarder attentivement pour voir que les populations vivent dans la détresse la plus totale au quotidien, sans aucun espoir pour l'avenir. Lorsque les conditions sociales et privées sont propices alors le corps est capable de mieux réguler les chocs de la vie.

Mieux vaut prévenir que guérir, non ? Que pouvons-nous faire ?

  • Au niveau individuel, la meilleure arme contre les virus, c'est l'hygiène physique mais aussi mentale et surtout émotionnelle. L'hiver est une période critique. Pendant que le froid fragilise nos cellules, le manque de lumière provoque une baisse du moral qui déprime le système immunitaire. Cette saison nécessite donc une vigilance physique et émotionnelle.
  • Au niveau collectif, il faudrait d'une part établir un climat social favorable à l'épanouissement personnel, d'autre part bannir les produits de consommation toxiques et mettre fin aux pollutions environnementales qui risquent de dégrader les cellules du corps
  • Il serait également utile de limiter la médication aux pathologies graves uniquement. En effet, plus nous consommons des remèdes au quotidien, plus notre organisme s'y habitue. Le jour où nous sommes sérieusement malades, rien ne peut nous sauver car notre corps est accoutumé à se débarrasser illico presto des molécules chimiques censées nous soigner.

Mais je ne me fais aucune illusion. Dans un monde en route vers la croissance infinie, la santé économique passe avant la santé humaine. Guérir est plus rentable que prévenir.

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