Destruction autopathique

Au cours de sa pratique thérapeutique, Wilhelm Reich a constaté que les patients qui avaient tendance à se résigner face aux aléas de leur existence tourmentée, développaient souvent des cancers.

Lorsque nous souffrons d'un blocage énergétique, quelle est notre réaction ? Quel est notre état d'esprit ? Quelle attitude adopter face à nos propres défaillances ? Qu'y a-t-il d'autre hormis la résignation ?

Face au danger, nous pouvons avoir recours aux trois types de riposte classiques à savoir capitulation, fuite ou attaque. Ces dispositions modifient notre état mental.

On peut supposer sans prendre trop de risques que la capitulation mène à la résignation. Vers quelles attitudes mènent la fuite ou l'attaque lorsqu'on est confronté à un problème intime ?

La fuite d'un problème personnel est fréquemment qualifié de déni. Les faits sont là, flagrants sous nos yeux mais nous refusons de les voir pour ne pas souffrir.

Attaquer un problème personnel développe en nous un état combatif. Nous voulons briser, vaincre, détruire, éradiquer ce qui nous fait du mal.

Ces stratégies sont certainement pertinentes selon le contexte mais qu'en est-il lorsqu'elles sont mal mises en oeuvre ? L'erreur la plus courante que nous commettons est d'évaluer incorrectement la situation, nous nous défendons alors contre le mauvais ennemi. La plupart du temps, nous n'analysons pas notre malaise en profondeur. Notre résignation, notre combativité et notre déni ciblent vainement des causes superficielles, sans jamais atteindre la racine du mal, ni résoudre quoi que ce soit. L'acharnement contre les démons fantômes peut même aggréver notre situation. Quelles en sont les conséquences ?

Dans ce cas précis, l'ennemi est constitué par des blocages énergétiques internes, causés par une éducation contraignante ou par des traumatismes. L'ennemi n'est pas un virus ou une bactérie, un intrus qu'on peut expulser hors de notre vie sans ménagement. L'ennemi est notre propre système de défense.

En effet, pour éviter d'être exclu par une société dont les règles sont aberrantes, nous devons museler nos tendances naturelles pour obéir aux diktats culturels, traditionnels et politiques. En cas de choc émotionnel, le subconscient met automatiquement en place des barrières de sécurité pour cloisonner l'événement douloureux et éviter ainsi l'effondrement du psychisme. Dans les deux cas, il s'agit de mesures de sauvegarde internes permettant de limiter la souffrance et l'angoisse. Ces barrières internes empêchent notre energie de circuler. Si elles restent en place trop longtemps, nous flétrissons progressivement.

Tenter de refaire circuler l'energie, équivaut partir à l'assaut des défenses internes qui nous ont sauvé la vie à une époque mais qui deviennent nocives à la longue. Cela revient à se défendre contre ses propres défenses. On se doute bien que s'engager dans un tel conflit sans avoir bien évalué notre situation, engendre des conséquences dramatiques. Lesquelles ?

Je pense que que les conséquences de la lutte contre soi-même varient en fonction de l'état d'esprit adopté.

 

impact physiqueAu niveau physique Whilelm Reich a constaté que la résignation issue de la capitualtion risque de provoquer des cancers.

Il me semble que la combativité qui se développe lorsqu'on s'attaque soi-même constitue une atteinte au système d'alimentation du corps en énergie. On peut donc retrouver ici toutes les maladies cardio-vasculaires par exemple.

Le déni qui s'installe lorsqu'on se fuit soi-même pourrait mener à des dégénéréscences comme la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson. Le support de la réflexion est entravé pour empêcher le mental de jouer pleinement son rôle.

 

 

impact psychiqueAu niveau psychique, notre attitude mentale envers nos blocages risque d'altérer nos capacités cognitives ainsi que la gestion de nos émotions.

La résignation pourrait ainsi donner lieu à la dépression puisque cela consiste à capituler face à la vie au lieu d'en relever les défis et d'en savourer les joies.

La combativité pourrait blinder la personnalité, empêchant ainsi les émotions de circuler librement aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il serait logique que ce genre d'affection mène à la violence. Dans ce cas, ingliger la douleur à soi ou aux autres relève d'une forme de défi ludique, destiné à éprouver la solidité du rempart émotionnel.

Le déni consiste essentiellement à couper des voies de communications internes afin de fuir la compréhension des événements ou le ressenti des émotions correspondantes. Le dysfontionnement qui pourrait lui être associé serait la dissociation. Lorsqu'elle est aigue, elle peut déboucher sur des troubles du spectre autistique.

Bien entendu, notre mentalité peut être constituée par un mélange complexe de ces trois postures. C'est notamment ce qui constitue l'une des difficultés en thérapie. C'est aussi ce qui nous expose à l'auto-destruction involontaire de notre corps et de notre psychisme lorsque nous désirons impatiemment expérimenter le bien-être.

Une mesure de sécurité devrait toujours être provisoire pour être efficace. On peut se demander pourquoi l'être humain est incapable de lever les restrictions internes une fois que le danger est écarté. Le subconscient met automatiquement en place les barrières énergétique destinées à nous mettre momentannément à l'abri. Comment se fait-il que nous soyons incapables de les enlever consciemment lorsque nous estimons être en mesure de faire face à nos tourments intérieurs ? Le moindre blocage nécessite des années de travail avec l'aide de thérapeutes qualifiés. Ce n'est pas logique. Ce n'est pas viable.

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