Le bien et le mal

Tout le monde est d'accord pour dire que le bien et le mal sont des notions relatives. Ce qui est bien d'un point de vue peut être mal d'un autre point de vue. Comme le dit si bien le proverbe : "le bonheur des uns fait le malheur des autres". J'ai justement l'impression que c'est là le problème pour définir le bien et le mal. J'estime qu'on peut définir ces 2 tendances relatives. Pour ça il suffit d'arrêter de prendre son propre nombril comme repère universel. Lorsqu'on se prend soi-même comme repère, le bien et le mal sont tellement relatifs qu'il est impossible d'y voir clair. Lorsqu'on choisit des repères plus grands, moins egocentriques, il devient possible de qualifier relativement le bien et le mal.

Après avoir trouvé ma définition personnelle de l'égoïsme, je me suis dit qu'il devait être possible de la généraliser pour définir le bien et le mal. Mais tout d'abord qu'est-ce que le bien? Soyons honnêtes, nous considérons comme bien ce qui nous fait du bien. À quoi bon philosopher indéfiniment pour pondre une définition plus métaphysique du bien?

Ce qui nous fait du bien est bien pour nous. Ce qui nous fait du mal est mal pour nous. Le développement de notre vie physique, émotionnelle et mentale nous fait du bien. Être entravé ou déséquilibré dans ces aspects de notre vie nous fait du mal. Vu que notre bien est relatif par rapport à celui des autres, comment tendre vers LE bien? Je décide que la tendance vers le bien ou le mal peut être définie dans un repère à 3 dimensions, les 3 axes étant l'être, le domaine et le temps.

 

L'être

Ce qui me fait du bien peut faire du mal à mon voisin. Ce qui fait du bien à moi et à mon voisin peut faire du mal à une autre ville. Ce qui fait du bien à ma ville peut faire du mal à un autre pays. Ce fait du bien à mon pays peut faire du mal aux autres espèces vivantes. Ce qui fait du bien à toutes les espèces vivantes ne fait à priori aucun mal.

Donc plus il y a d'êtres pris en compte par une action, plus elle tend vers le bien. Plus il y a d'êtres niés par une action, plus elle tend vers le mal. Les êtres animés et inanimés que nous connaissons sont répartis en 4 règnes : minéral, végétal, animal, humain. De mon nombril aux 4 règnes, il y a une infinité de manières de faire les choses.

 

Le domaine

Une même action couvre plusieurs domaines. Ce qui est bien dans un domaine peut être mal dans d'autres. Se goinfrer de chocolat lorsqu'on est frustré est génial pour le moral et désastreux pour le foie. Ce qui est bien pour mon mental peut faire du mal à mon corps et inversement. Inutile de rappeler que ce qui est fantastique d'un point de vue économique est souvent horrible d'un point de vue écologique. Nous savons par expérience que ce qui est bien politiquement est parfois affreux au niveau culturel ou social.

Donc plus il y a de domaines considérés par une action, plus elle tend vers le bien. Plus il y a de domaines négligés par une action, plus elle tend vers le mal. Les domaines sont infinis, là aussi les possibilités sont innombrables.

 

Le temps

Une action s'inscrit toujours dans le temps. Elle s'insère dans un enchevêtrement d'actions passées et elle a des conséquences sur l'avenir, donc elle doit démarrer et se terminer au moment adéquat. Le rythme et la synchronisation déterminent la pertinence d'une action. Prévoir l'inscription à l'université pour un nourrisson, c'est prématuré. Réserver une place en crèche pour un retraité, c'est un peu tard.

Donc plus une action évalue les conséquences passées et futures, plus elle tend vers le bien. Plus elle ignore les conséquences passées et futures, plus elle tend vers le mal. Nous ne connaissons pas le début ni la fin du temps, les options sont donc infinies au présent.

 

Il est évidemment impossible de prendre en compte l'infinité d'êtres, de domaines et de conséquences mais il est possible de tendre vers l'expansion le long des 3 axes au lieu de d'atrophier son existence. Lorsqu'on s'atrophie on tend vers le zéro. Tendre vers le zéro ne demande aucun effort, il suffit de se laisser hypnotiser par son propre nombril. Il suffit de se laisser bercer par les doux ronronnements de l'égoïsme. Tendre vers le bien ou vers le mal demande plus d'investissement.

Tendre de plus en plus vers le mal nécessite beaucoup de travail. Cela consiste à ignorer de plus en plus d'êtres, à négliger de plus en plus de domaines, à nier le passé et à fermer les yeux sur le futur.

Tendre de plus en plus vers le bien nécessite encore plus de travail. Cela consiste à considérer de plus en plus d'êtres, à prendre en compte de plus en plus de domaines, à évaluer les conséquences du passé et les impacts sur le futur.

Le zéro est un point de départ naturel. Le bébé qui vient de naître n'a pas d'autre choix que de se focaliser sur ses besoins locaux immédiats. Par contre le bien et le mal sont des constructions laborieuses qui demandent des efforts personnels, pour agir à grande échelle, au delà de sa propre vie. Le mal n'est pas l'inverse du bien. Un bien n'est pas un point avec une abscisse, une ordonnée et une côte sur les 3 axes. Un bien ou un mal occupe plutôt un volume dans cet espace à 3 dimensions. Une action peut ainsi s'étirer en direction du bien et du mal.

Bien-Mal

Vouloir définir le bien et le mal, cela peut paraître prétentieux mais tout est relatif. Mon but n'est pas de rédiger une encyclopédie de philosophie spirituelle universelle. Je veux tout simplement progresser, me développer, évoluer réellement après avoir passé toute une vie à errer dans un labyrinthe de concepts intellectuels abstraits qui emprisonnent la vie dans des paradoxes hypnotisants et stériles. Cette définition est une grille de lecture, pour comprendre les événements et prendre des décisions concrètes au quotidien. Si un jour je trouve une grille plus efficace alors je changerai. Dans l'attente, j'utilise celle-ci.

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