Le cadre de la liberté

Nous considérons que la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui nous passe par la tête. Cette définition est erronée car la liberté absolue n'existe pas. Pour commencer nous avons un corps à maintenir en vie. Nous sommes contraints de satisfaire ses besoins pour éviter de mourir. Ensuite nous vivons en société pour mieux survivre. Nous savons que la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Si chacun faisait constamment tout ce qui lui plaît, notre espèce ferait vite face à l'extinction. Alors comment définir simplement notre espace de liberté? Comme il s'agit d'un problème conceptuel, il vaut mieux se tourner vers la matière pour trouver des analogies.

Observons la nature.

Le fruit est accroché à l'arbre par un bout de branche. Il peut se balancer librement sous cette attache.

Nous sommes collés à la terre par la gravité. Nous sommes libres de nous déplacer sur ou sous la surface de la planète, quelle que soit la partie de notre corps soutenue par elle.

Les oiseaux ont besoin d'un support se déplacer librement. Soit leurs pattes sautillent sur le sol, soit leurs plumes les font flotter sur l'eau, soit leurs ailes s'appuient sur le vent.

La feuille qui tombe est freinée par l'air avant d'être posée sur le sol. Elle tourbillonne en fonction des courants et de sa propre forme.

Les astres sont maintenus dans leurs orbites par des forces monumentales. Leurs trajectoires et rotations sont finement gérées par les lois de la physique.

cadre liberteRien ne se déplace dans le vide. Tous les êtres animés et inanimés exercent leur liberté dans un cadre qui comprend une attache de base et des règles de fonctionnement.

La liberté est l'ensemble des mouvements autorisés par les règles autour d'une attache dans un cadre défini.

Les différents cadres de notre vie, se côtoient, se superposent, sont imbriquées, jusqu'à former des ensembles complexes à grande échelle.

Les inconscients considèrent les attaches comme des entraves et cherchent à s'affranchir de toute règle. Au lieu de courir après une hypothétique liberté absolue, il est plus réaliste d'identifier les cadres qui offrent le plus de liberté.

L'attache doit être solide pour pouvoir se déplacer en toute confiance. Si elle risque de se rompre, nous sommes en proie à l'insécurité. Les règles doivent être souples pour ne pas entraver les mouvements. Un bref coup d’œil sur l'actualité suffit pour constater que ce schéma s'applique qu'on en soit conscient ou non.

Par exemple les dirigeants autoritaires ont du succès un peu partout dans le monde. Ils ont beau mettre en place des lois injustes et emprisonner à tour de bras, la victoire est au rendez-vous dans les urnes. C'est rassurant d'être tenu par une poigne de fer, ça favorise le sentiment de liberté. Ce n'est pas paradoxal. Un petit enfant qui tente de marcher fait des mouvements hésitants. Par contre si on lui tient le main, il devient plus audacieux. La main le protège de la douloureuse chute alors il prend plus de risques. Dans le cadre de l'apprentissage, la main parentale est l'attache, les règles sont celles de la gravité et de l'équilibre. Plus la main est ferme, plus l'enfant est libre d'explorer les règles jusqu'à leur extrême limite. Il faut croire que l'insécurité nous crible malgré la prospérité car les populations réclament des systèmes arbitraires pour se sentir libres dans le cadre national, au détriment du cadre personnel et social.

Un autre exemple m'a souvent interpellée. Nous savons que les laboratoires pharmaceutiques sont des entreprises comme les autres, le profit est leur seule raison d'être. Comme notre santé leur importe peu, les scandales sanitaires s'enchaînent. Pourtant les gens s'y accrochent. Si le cadre est la santé alors l'attache est notre propre corps, la règle est le bien-être physique, la liberté est immense mais aussi risquée et solitaire. On est seul responsable des choix qu'on fait. La peur de la maladie est si forte que la plupart des gens restreignent leur cadre. Ce qui prime c'est la santé grâce au médicament. Lorsqu'aucun produit chimique n'apporte la guérison ou que l'un d'eux s'avère nocif, ils font pression sur les laboratoires pour obtenir satisfaction. Ils combattent le cadre pour l'obliger à s'adapter, sans se demander s'il en existe d'autres plus adaptés et moins contraignants.

Ces deux exemples révèlent l'un des effets pervers de la mauvaise définition de la liberté. Être complètement libre de toute attache et de toute règle est un pur concept, une abstraction qui n'existe que dans notre tête. Dans la vraie vie rien ni personne ne peut se mouvoir sans cadre. Même nos pensées sont cadrées. L'attache c'est le cerveau qui doit être en état de fonctionner. Nos créations mentales sont régulées par nos émotions. Ce qui nous terrifie sera stoppé avant d'atteindre la conscience. Ce qui nous enchante sera décliné à l'infini sur tous les tons. Ce qui nous obsède s'imposera contre notre gré. Les connaissances enrichissent nos pensées, l'ignorance les appauvrit. Sans cadre, pas d'existence. Un tel vide rappelle l'angoisse de la mort.

Les gens ont donc tendance à multiplier les entraves pour se rassurer. Ils s'agrippent à des entreprises, des partis politiques, des idéologies, des religions, des maîtres spirituels, des dieux, des célébrités, des statuts sociaux, des programmes télé, des réseaux sociaux ou même des concepts comme l'économie ou la finance. Nous avons besoin de cadres bien entendu mais s'enfermer dedans quitte à ruiner sa vie est contraire au but recherché, puisque la liberté permet de découvrir et donc se développer. Pour être réellement libres, nous devons être capables d'évaluer le degré de liberté offert par nos cadres. Étant donné que l'être humain évolue au fil du temps, il se peut que le palace spacieux d'hier se transforme en étroite prison demain. Nous devons donc rester libres de changer de cadre en fonction de nos besoins du moment.

Cependant les choses ne sont pas aussi simple dans le monde moderne. Il existe un cadre qui enferme les humains dans la peur du futur, la perversion de l'excès ou la misère du manque. Il est devenu indispensable au fil du temps. Il s'agit de l'argent. Il a détourné le lien qui nous attache à la nature. En effet c'est lui qui permet ou empêche de satisfaire les besoins primaires. Les règles sont simples, il faut en rafler le plus possible par tous les moyens, il faut le dépenser pour avoir le droit de vivre.

Cet outil économique dont le but initial était de fluidifier le troc est devenu une arme d'affliction massive, un carcan dont personne ne peut se libérer. Substituer un système humain à des processus naturels est un jeu dangereux dont nous payons le prix fort. Les humains se bagarrent à mort dans cette compétition insensée qui vise l'impossible croissance infinie. Un tel cadre n'est pas viable, il ne peut que s'écrouler à long terme.

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